Conversations spirites

Hantologie et audition spirituelle

Hantologie et audition spirituelle

Illustration de l'article : Les rêveries du promeneur solitaire (1926) de René Magritte

(Pour lire cet article en musique, cliquez sur le lecteur ci-dessous).

L’hantologie est depuis quelques dizaines d’années une formulation inventée par Jacques Derrida (Philosophe français 1930-2004) à propos d’une formulation de Marx : « Un spectre hante l’Europe…». Ce terme d’hantologie, outre une approche philosophico-politico-sociétale, recèle aussi une catégorie musicale plutôt anglo-saxonne, prétendue mystérieuse, d’outre-tombe, de l’au-delà, qui se bâtit sur des éléments du passé, de vieux enregistrements de vinyles, de sons et d’apports de voix, de bruits étranges aux provenances connues ou inconnues…  (Laissez donc traîner un magnétophone-micro si l’expérience vous tente…). Bienvenue également dans l’antre du minimalisme, du bruitisme, du clair-obscur… comme de la discrétion.

Cette catégorie de musique est contraire ou cousine de la musique dite « spectrale » qui a le mérite de redonner aux preneurs de son, aux ingénieurs du son, leurs lettres de noblesse car à bien y réfléchir, nous écoutons un(e) Artiste mais il y a toujours une équipe derrière, dans l’ombre, qui œuvre et façonne afin d’apporter les artifices nécessaires, propices, à valoriser toute chanson, œuvre. Cette spécificité spectrale est assise sur une notion qui exclut le hasard mais privilégie la construction rationnelle d’un son. En ce cas et à partir de ce constat, toute œuvre est spectrale car elle produit une spectralité dite notable.

Mais revenons à nos moutons, ces traces de musiques hantologiques peuvent être, à l’extrême, issues de sphères dématérialisées ou être censées les représenter, beaucoup de sites vous parleront et vous décrirons un art en couches et même en sous-couches (hantologie brute, résiduelle, traumatique), un art de niche donc et plutôt sous un aspect confidentiel même si vous en entendez beaucoup d’extraits sans forcément y prêter attention, que cela soit aux travers de films, voire de reportages ou d’ambiances liées à des jeux vidéo. Cet art musical qui peut souligner également une époque lointaine, oubliée, sert grâce à ses segmentations sonores de leviers à notre imaginaire en autant de cliquets médiumniques, à chacun ses retours d’expériences bien sûr. Clairement, la chose est très intime et très difficile à retranscrire avec des mots, on parlera d’atmosphère, d’ambiant, de dark-ambient, ces états qui peuvent faciliter des connexions avec notre inconscient voire plus, un champ erratique fréquenté par divers éléments non-physiques…

Est-ce dangereux ? Des entités fréquentent-elles ces lieux ? Je suis tenté d’affirmer que l’aventure ne porte pas son nom si le danger potentiel n’y est pas accroché, néanmoins si j’ose dire, la barque aventureuse de notre esprit se floque de tant de curiosité et de confiance envers une telle démarche que yeux fermés et casque de qualité sur les oreilles, il y a de quoi se laisser tenter d’être aspiré et abreuvé par ces flux comme venus d’ailleurs… Percevons-nous tous les sons qui nous entoure 24/24, j’en doute et pourtant, ils passent jusqu’à nous, nous entendrions sans le savoir vraiment, il serait naïf de penser le contraire, alors, aller à leurs rencontres n’est pas plus dangereux à la condition de programmer son « débranchement », son retour pleine conscience afin de satisfaire aux exigences de la terre. (Avertissement : Prévenir en amont un proche de votre démarche immersive).

Les Médiums utilisent-ils l’hantologie ?

Je n’en sais rien personnellement. A l’occasion, un Médium peut être appelé, au lieu de toujours être l’appelant ou le « convoquant » d’Esprits et se rendre lui-même à des points de fixations sonores. Ce rendez-vous immatériel n’est pas sans rappeler les derviches tourneurs qui pratiquent une danse spirituelle communément comprise comme une « audition spirituelle ». On peut avoir besoin de ces espaces pour s’équilibrer l’esprit, l’âme, là où l'entourage pourrait déduire que vous vous laissez aller à une glissade dangereuse… Pourquoi devrions-nous penser que déposer notre esprit jusqu’à un champ magnétique précis serait aussi une démarche risquée ? Comme bien des choses, c’est l’abus le problème…

Le Visible ne représente pas ce qu’il est mais est le résultat de la différence d’éléments non-visibles ? Nos chers disparus, nos Anges gardiens, fréquentent-ils ces points de rencontres ? La question est si intime, je ne peux que répondre : « Où ne vont-ils pas ?… » L’écriture automatique étant possible, j’en témoigne, dans un avion, pourquoi ne se glisseraient-ils pas dans des algorithmes sonores ?

A défaut de voir, nous entendrions ?

Il est bon ici de parler de disposition d’esprit. « Entendre » n’est-il pas d’abord une négociation avec notre esprit, comprendre sa résultante, admettre sa simple vérité ? Ce qui voudrait dire, une vérité mais pas toutes les vérités… L’hantologie n’est-elle que le pendant de situation occidental des mantras bouddhistes ? Simplement devons-nous savoir que le but essentiel d’un mantra est de parvenir à se connecter avec soi-même pour ensuite se connecter au reste du monde.

Tout simplement, le procédé via l’hantologie sera-t-il différent mais au final, nous atteindrions des buts très importants. Le son apporte la vie et la vie recèle le son, au milieu de cela, nous, pauvres hères, hantons les couloirs du temps et de l’espace, tout Spectre vous le dirait dans une séance spirite. Nous naissons en criant (en principe) et nos funérailles ne se passent pas de chants et de musiques, des sons pour accompagner, conduire, favoriser une poursuite, la vie…

Au final, l’hantologie outre le fait de se perdre pour mieux se retrouver favorise un état méditatif mais est aussi propice à s’ouvrir à  des mondes parallèles, il est possible d’en ressortir avec des envies créatives ou, au contraire, avec des sensations impossibles à partager.

Nous sommes mus par une quête sourde de l’infini, ce domaine musical ne sera donc qu’un serviteur de cet état voire de notre insatiabilité à servir cette soif d'aventures. On ne peut reprocher à l’humain de rechercher ce pour quoi il est fait ou destiné…

Fin du Poème de Victor Hugo : « La pente de la rêverie » Tiré du recueil « Feuille d’Automne » (1831).

L’Auteur y décrit le passage du réel vers l’imagination.

"Oh ! cette double mer du temps et de l'espace

Où le navire humain toujours passe et repasse,

Je voulus la sonder, je voulus en toucher Le sable, y regarder, y fouiller, y chercher,

Pour vous en rapporter quelque richesse étrange,

Et dire si son lit est de roche ou de fange.

Mon esprit plongea donc sous ce flot inconnu,

Au profond de l'abîme il nagea seul et nu,

Toujours de l'ineffable allant à l'invisible…

Soudain il s'en revint avec un cri terrible,

Ébloui, haletant, stupide, épouvanté,

Car il avait au fond trouvé l'éternité."

A noter que l’hantologie musicale s’accompagne parfois de photos ou dessins scabreux, c’est lié à un marketing non représentatif du genre. Il convient de ne pas y porter plus d’attention que cela.

Domaine et pratique déconseillés aux enfants & adolescents (mélancolie durable possible, voire état semi-dépressif ou dépressif…).

Yann d’AuxiMédium Spirite (cliquez sur le nom pour visiter le site de voyance).

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